Mes yeux
Ces yeux qui voient sous le joug du voile de la réalité
Ceux qui se ferment pour mieux s’ouvrir, pour mieux souffrir
Voir ce n’est pas vivre, ce n’est pas exister
C’est vouloir réagir
A ce qui ne s’est pas encore passé...
Dans chaque regard se déchargent les émotions présentes
Ou le néant que je cultive comme une peste noire
La vision n’est-elle que l’ombre d’une réalité distante ?
Peut importe puisque l’ombre cache les défauts et m’abandonne au soir
J’avance en regardant l’horizon que je ne veux pas atteindre
Chargé de souffrance, de peines et de souvenirs
Rien ne sert de geindre
Le soleil ne tuera pas ces vampires
Cette crucifixion spirituelle que je n’arrive pas à dépeindre
M’empêche quelque part de mourir
J’entends et admire les cloches de la cathédrale qui découpe le ciel rouge
J’abdique devant la lumière et incline ma tête vers le sol
Ce sol aride où plus rien ne bouge...
L’immobilité ronge le passage du temps
Et le rend inexistant
Tout autour il subsiste des nuages de poussière
Soulevés par le vent qui était pourtant enterré hier
Chaque réalité perceptible affecte nos mouvements
L’infini du ciel est ailleurs
Visible à travers le regard des enfants
Moi je n’ai que mes yeux, ces yeux qui ne sont pas de la bonne couleur